Tertiaire stratégique : quelles sont les raisons du retard ?
L'étude comparative des villes européennes, réalisée par (...)
L'étude comparative des villes européennes, réalisée par la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action territoriale (DATAR) en 2003, place Rouen dans l'avant dernière classe, celle des villes qui « ne jouent pas de fonction majeure au niveau européen ». Rouen y côtoie des villes françaises beaucoup plus petites comme Angers et Dijon.
L'agglomération de Rouen accuse aujourd'hui un déficit d'environ 1 600 emplois tertiaires stratégiques par rapport aux agglomérations de sa catégorie. Elle ne compte que 6,5% d'emplois de ce type quand la moyenne est de 7,3% pour des agglomérations de taille comparable (Grenoble, Rennes, Reims, Amiens, ...). Plus encore, la croissance de ces emplois n'est pas au rendez-vous: + 6% entre 1990 et 1999 contre +21% pour des villes comparables. Le décalage est préoccupant et s'amplifie, même si un démarrage semble s'être amorcé plus récemment par le biais des services aux entreprises.
Les facteurs qui expliquent cette situation sont multiples. On recense notamment :
- L'absence de spécialisation technopolitaine (comme Grenoble et les technologies, Toulouse et l'aéronautique),
- Le manque relatif d'entreprises emblématiques,
- Le manque d'immobilier de tertiaire neuf,
- La bonne tenue du tissu industriel (pas de pression pour un repositionnement vers le tertiaire)Le défaut d'accessibilité, malgré la proximité de Paris.
La situation relève du cercle vicieux : la faiblesse du développement tertiaire stratégique est elle-même un frein pour attirer des entreprises à la recherche d'un lieu d'accueil.
Face à ce constat, le projet de nouvelle gare se positionne sur deux enjeux forts, à l'image de Lille avec Euralille ou Lyon avec La Part-Dieu :
- Offrir une meilleure accessibilité vers Paris et vers l'ensemble de la région,
- Créer autour de la nouvelle gare un pôle d'affaires emblématique, avec une offre conséquente en immobilier tertiaire.



